
En 2017, cet article citait 200 000 sites marchands et 72 milliards d’euros de ventes en ligne (Fevad). En 2024, la Fevad a publié 175,3 milliards. Le volume a plus que doublé. Ouvrir une boutique n’est pas devenu plus facile : les acheteurs comparent en trois onglets, Amazon tient le réflexe, et un thème Shopify ressemble au thème d’à côté. Ce qui a changé, c’est le coût d’entrée technique — et le coût de se tromper de produit.
Sommaire
Ce que l’IA a vraiment changé
On peut générer en une soirée : fiches produits, photos de packshot « studio », FAQ, e-mails de relance panier. Les apps Shopify et les modules PrestaShop le proposent déjà. Le résultat, c’est un catalogue lisible et interchangeable. Un client qui lit la même fiche sur trois boutiques tranche au prix, au délai, et aux avis. L’outil accélère le texte ; il n’invente pas un fournisseur qui livre en cinq jours, ni un colis qui arrive entier.
L’outil sert encore à reformuler une fiche à partir d’une vraie photo du produit dans votre main, à coller les mentions légales (CGV, rétractation, SIRET) sans les inventer, à extraire les questions des mails clients pour une FAQ. Il brûle dès que les photos montrent un tissu qui n’existe pas, dès que le stock « dropshipping » est copié d’AliExpress, dès que les titres sont bourrés de mots-clés. Les places de marché et Google Shopping les recollent déjà.
Shopify, WooCommerce, PrestaShop : un choix de maintenance
Shopify va vite si vous n’avez pas de développeur : paiement, TVA multi-pays, Colissimo, Mondial Relay. L’abonnement affiché (dizaines d’euros) n’est pas le coût réel dès que vous ajoutez avis, upsell, SEO. PrestaShop, né en France, reste pertinent pour un catalogue tordu, du B2B, des règles DOM-TOM — à condition d’avoir quelqu’un qui le tient. WooCommerce convient si le contenu (blog, SEO) est déjà le cœur, et si vous assumez les mises à jour WordPress.
La question utile est : qui maintient la boutique dans six mois ? Si la réponse est « personne », Shopify. Si vous avez déjà un prestataire Presta, restez. Si vous vivez déjà dans WordPress, Woo. Le critère n’est pas le prix de la licence, c’est le dimanche où le checkout casse.
Statut, TVA, facture électronique
Pour tester, la micro-entreprise suffit : vente de marchandises, cotisations sur le CA, franchise en base de TVA jusqu’au seuil en vigueur (autour de 85–92 000 € selon les années — vérifier service-public). Au-delà de 10 000 € de ventes B2C dans l’UE hors France, le guichet unique OSS s’applique : la TVA du pays de l’acheteur. Shopify gère une partie du paramétrage ; PrestaShop se configure. Ni l’un ni l’autre ne sont une plateforme de dématérialisation : la facture électronique 2026, c’est un connecteur vers une PDP agréée, pas une case dans le thème.
Il faut un SIRET, des CGV, le droit de rétractation de 14 jours, et une adresse : un nom, un téléphone, une adresse postale. Le chèque, lui, a disparu.
Planning de lancement de votre activité
Cinq jours pour ouvrir l’activité. Posez d’abord le cadre (droit, statut, assurance), puis l’offre écrite, puis un vrai contact. Si un jour déborde, reculez le suivant.
Jour 1
Choisissez un produit que vous pouvez photographier chez vous et renvoyer. Si vous ne pouvez pas le tenir dans les mains, ce n’est pas un test de boutique : c’est un catalogue, et le SAV le montrera tout de suite.
Jour 2
Le statut adapté au départ est la micro-entreprise (vente de marchandises) : guichet unique INPI, seuils et TVA sur service-public.fr. Ouvrez un moyen de paiement (Stripe ou PayPal) et un transporteur avec point relais. Notez le délai réel de votre colis test, pas celui du fournisseur.
Jour 3
Écrivez une page qui dit le prix, le délai, la politique de retour (14 jours) et le SIRET. Un modèle peut rédiger le texte ; vous relisez les mentions qui engagent, parce que c’est vous qui les devez au client.
Jour 4
Faites payer dix personnes — famille, atelier, marché — avant toute pub Meta. Livrez, mesurez les retours. Dix ventes livrées apprennent plus qu’un catalogue de 80 fiches.
Jour 5
Si le colis, le SAV ou la marge ont cassé sur ces dix-là, la publicité ne répare rien. Changez le produit ou le délai, pas le budget ads.

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