Josselin Guarnelli, freelance à Cagnes-sur-Mer, ne vend plus « je réponds à vos mails ». Sur sa fiche Codeur, il parle d’agents IA, d’OCR, de pipelines de documents, avec un cadrage d’une semaine et un prix fixe. Patrice Morin, au Poiré-sur-Vie, arrive avec 25 ans d’industrie (Lean, production) et positionne OptimIA sur l’audit de process, n8n, Make et le RGPD. Deux parcours publics, deux façons de quitter le tarif horaire bas des plateformes. Entre les deux, une masse d’offres « tri de boîte mail + Excel » que les dirigeants testent désormais eux-mêmes avec un assistant grand public, avant d’appeler qui que ce soit.
Sommaire
Deux marchés sous le même nom
Plateya décrit en 2026 une scission nette : d’un côté des profils exécutants, souvent sous-payés, de l’autre des assistantes et assistants qui deviennent des partenaires de direction pour des TPE — CRM, priorités, automatisations, reporting. Les tarifs suivent. Les fourchettes publiées vont d’environ 25–40 € de l’heure pour du secrétariat à distance classique, jusqu’à des forfaits ou du 70–100 €+ quand on conçoit des workflows. Le diplôme n’est pas obligatoire ; l’historique (secrétariat de direction, office management, un secteur connu) se lit tout de suite sur une fiche de mission.
L’IA a mangé le milieu — synthèse de mails, brouillons de relance, classement, prise de notes de réunion. Ce qui reste à vendre, c’est le jugement (quoi envoyer, à qui, maintenant), la confidentialité, et le fait qu’un humain tienne un périmètre quand le dirigeant est en rendez-vous. Les données bancaires, dossiers RH, secrets clients ne se collent pas dans un outil grand public sans cadre contractuel et, souvent, sans anonymisation.
Se faire trouver sans vendre du volume froid
Malt et Codeur restent des vitrines. Une page de service utile nomme un secteur (coachs, e-commerçants, professions libérales, dirigeants de TPE), des outils (Google Workspace, HubSpot, Notion, Make), un exemple de mission anonymisé (temps gagné, volume de relances, process posé), et une phrase sur la confidentialité. Ce qui se raconte bien, c’est un chantier précis — « j’ai relié les devis au CRM, les relances partent toutes seules, le dirigeant valide encore les cas limites » — plutôt qu’une leçon générale sur l’IA.
La prospection : indépendants qui viennent d’embaucher, ou qui disent noyer sous les mails. Un message court qui cite un fait réel se distingue des séquences automatisées (Unipile, PhantomBuster, Clay) que les réseaux brident dès que le volume explose. L’IA peut préparer une fiche prospect (activité, taille, outils visibles). L’envoi, lui, reste mieux dosé à la main les premières semaines, le temps de voir ce qui obtient une réponse.
Offre, outils, limites
Le socle reste Google Workspace ou Microsoft 365, un CRM simple, la facturation, un outil de tâches. Make, Zapier ou n8n deviennent un argument si vous savez les poser sans casser les flux du client. Une spécialisation (coachs, e-commerce, libéraux) évite le « je fais un peu de tout » illisible à côté de Guarnelli ou Morin.
Micro-entreprise, forfait mensuel (heures incluses) plutôt que la pièce à 19 €. Dites ce qui est hors périmètre : le conseil juridique, le 24 h/24, l’envoi de RIB dans un chat. Un bon assistant signale qu’une procédure est confuse plutôt que d’automatiser le chaos : l’outil, lui, enchaîne.
Ce que Guarnelli et Morin ont en commun
Ni l’un ni l’autre ne vendent « je suis à l’aise avec ChatGPT ». Guarnelli affiche un cadrage d’une semaine, un prix fixe, un passé industriel (Orange, Thales, Amadeus) et des livrables (agent, OCR, API). Morin affiche le Lean, Excel, le RGPD, n8n. Ce sont des pages de preuve — un secteur, un avant/après de process, une contrainte légale. Les fiches « AV polyvalente, je gère vos e-mails » se lisent comme la colonne banalisée du schéma plus haut, et les tarifs suivent.
Une fois le forfait signé, la semaine ressemble à ça : quinze minutes avec le dirigeant pour les priorités (pas un roman généré) ; le modèle résume la boîte mail la veille, vous triez ce qui part vraiment ; un workflow Make casse parce que le client a changé un champ HubSpot ; le vendredi, un reporting d’une page. L’IA a compressé le tri. Le workflow cassé, lui, demande quelqu’un qui connaît le compte.
Pour les premiers clients, Malt et Codeur restent des vitrines ; le forfait récurrent se vend souvent après une reco ou un cadrage. Une phrase utile raconte une limite : « je n’envoie pas vos bulletins de salaire dans un outil grand public ». Ça rassure plus qu’une liste d’outils. Les séquences Clay + Unipile que l’on voit partout en 2026 marchent pour du volume B2B froid ; pour un assistant qui entre dans l’intimité d’une boîte mail, le volume brûle la confiance aussi vite que le compte.

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