L’esthétique à domicile, c’est une table pliante dans un salon, une mallette, une cliente en peignoir. Le CAP esthétique-cosmétique-parfumerie (ou BP, bac pro, BTS, ou trois ans d’expérience UE justifiée) reste le sésame pour les soins du visage, du corps, l’épilation. Ongles, cils, maquillage : d’autres formations suffisent souvent, et c’est là que beaucoup se lancent sans le CAP — légalement pour ces actes, illégalement dès qu’on glisse une épilation « pendant qu’on y est ».
Sommaire
Ce que l’IA a changé dans la salle de bain
Les clientes arrivent avec un filtre, une capture « peau de verre », parfois un diagnostic d’appli. Les simulateurs de teint et les chatbots revendent déjà une routine. Votre geste, lui, voit le duvet, la couperose, un grain qui n’est pas un point noir. L’IA rédige la fiche Google, les stories, la relance J+21. Elle ne stérilise pas la pince, et elle ne dit pas « allez voir un dermato ».
Les plateformes de réservation (Lookly et voisines, déjà citées pour la coiffure) poussent le même agenda mobile. Utile entre deux immeubles. Le panier se joue encore sur le trajet groupé et le « je ne pousse pas le serum à 80 € ».
Chez elle, chez vous, cabine
Chez la cliente, vous n’avez pas de loyer mais beaucoup d’essence, du matériel portable, et l’eau et la lumière du logement. Chez vous, il faut une pièce dédiée, l’accord de copropriété, une assurance, et l’hygiène d’un établissement. La location de cabine donne un cadre pro sans murs à soi. Beaucoup testent six mois en tournée, puis une demi-journée cabine. La carte d’artisan ambulant s’impose si vous sortez de votre commune d’immatriculation. Prévoyez une RC pro, une micro (APE 9602B, cotisations autour de 21 % du CA), et la franchise de TVA vers 37 500 €.
La visite qui fidélise
La visite se joue sur la ponctualité, l’hygiène, la discrétion, et le « ce produit-là ne sert à rien pour vous ». La cliente qui ouvre un placard de flacons achetés sous influence n’a pas besoin d’un quatrième sérum. Annoncez un bilan, un geste et une consigne d’entretien, tarif dit avant d’ouvrir la mallette. Les ateliers « trier sa trousse » ou « peau sensible, routine courte » ramènent plus que « je sublime votre féminité ».
Planning de lancement de votre activité
Cinq jours pour ouvrir l’activité. Posez d’abord le cadre (droit, statut, assurance), puis l’offre écrite, puis un vrai contact. Si un jour déborde, reculez le suivant.
Jour 1
Vérifiez le diplôme (CAP esthétique ou équivalent) pour chaque geste que vous comptez facturer. L’épilation « en plus » d’une pose d’ongles est le premier mélange dangereux : la CMA et l’assureur regardent l’acte, pas l’intention.
Jour 2
Le statut adapté au départ est la micro-entreprise artisanale : guichet unique INPI, et souvent immatriculation au répertoire des métiers (infos CMA / service-public.fr). Souscrivez une RC pro. Si vous sortez de votre commune d’immatriculation, demandez la carte d’artisan ambulant à la CMA : sans elle, un contrôle en tournée peut tout arrêter.
Jour 3
Regroupez trois rues, cinq créneaux, des forfaits écrits (bilan + geste + consigne). Dites le tarif avant d’ouvrir la mallette : c’est ce qui évite le « vous faites aussi les sourcils, tant que vous êtes là ».
Jour 4
Une fiche Google sobre. Un modèle peut rédiger ; vous relisez pour enlever toute promesse médicale et toute phrase sur le poids ou l’âge. Ces phrases engagent plus qu’un like.
Jour 5
Deux visites d’essai payées chez des voisines, sans quatrième sérum « parce que l’appli l’a dit ». Un geste facturé dans un salon réel vaut plus qu’une vitrine de produits.

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