
Le 11 août 2026, Bloctel a fermé. Le démarchage téléphonique commercial vers les particuliers est interdit par principe (loi du 30 juin 2025, décret n° 2026-662 du 23 juillet). Une entreprise n’appelle plus « sauf si le numéro n’est pas sur la liste » : elle n’appelle que si le consommateur a dit oui, par un acte positif, pour des produits nommés, pour un an au plus, sans tacite reconduction. Le retrait se fait même à l’oral. Le contrat signé après un appel hors cadre n’est pas valable ; c’est au pro de prouver le consentement.
Sommaire
Ce qui reste appelable
Deux portes restent ouvertes côté particuliers : un contrat déjà en cours (offre liée au service existant), et un opt-in tracé. La presse écrite garde un régime spécifique pour ses abonnements. Les horaires n’ont pas sauté : lundi–vendredi, 10 h–13 h et 14 h–20 h. Si la personne dit non pendant l’appel, on raccroche. Le fichier « Bloctel clean » vendu 49 € la semaine du 12 août est un produit d’un monde mort ; l’acheter, c’est préparer un PV DGCCRF.
Le B2B n’est pas le même code. Appeler une société, un artisan, une mairie pour un logiciel ou une prestation reste possible, avec les règles anti-spam et le RGPD. C’est là que le métier de téléprospecteur se décale : moins de « mutuelle / rénovation / alarme » vers des listes grand public, davantage de qualification pour un commercial qui se déplace, ou pour un closer qui n’a plus de leads chauds. Les centres d’appels qui vivaient du froid particulier devront changer de fichier ou fermer des lignes.
La voix de synthèse, et la voix qui tient
Les outils de « agent vocal » promettent 200 appels à l’heure. Sur un particulier sans opt-in, c’est la même infraction, en plus rapide. Sur du B2B, le standard raccroche dès la première syllabe artificielle. Ce qui se vend encore : un humain qui a lu le site de l’entreprise, qui pose trois questions, qui note un créneau pour quelqu’un d’autre. La transcription automatique du compte-rendu, elle, est utile ; le script lu à voix haute, non.
Planning de lancement de votre activité
Cinq jours pour ouvrir l’activité. Posez d’abord le cadre (droit, statut, assurance), puis l’offre écrite, puis un vrai contact. Si un jour déborde, reculez le suivant.
Jour 1
Lisez la page Service-public sur le démarchage téléphonique, pas un PDF vendeur de fichiers « Bloctel clean ». Depuis le 11 août 2026, le cadre a changé : sans le lire, les jours suivants préparent une infraction.
Jour 2
Si vous êtes salarié d’un centre : demandez par écrit la base légale des appels (opt-in tracé, contrat en cours, ou B2B). Sans réponse, vous portez le PV avec l’employeur. C’est pourquoi le papier compte plus qu’un brief oral.
Jour 3
Si vous vous lancez : un mandat B2B avec un commercial de terrain, payé à la qualification (rendez-vous honoré), pas au « contact décroché ». Le statut adapté est souvent la micro-entreprise (guichet unique INPI) plus une RC pro.
Jour 4
Construisez le fichier (salon, formulaire, clients existants). Un Excel acheté n’est plus une méthode, c’est une infraction en puissance : vous n’avez pas la preuve du consentement.
Jour 5
Trois appels supervisés. Enregistrez seulement si le droit l’autorise et si vous le dites en ouverture. L’observation sert à caler le rythme et la voix, pas à « scaler » un script hors cadre.

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