
Les demandes arrivent souvent ainsi : un placard de flacons à peine entamés, une fatigue qui se lit sur le visage, une reprise de travail, une naissance, une séparation. La personne veut qu’on l’écoute assez longtemps pour trier ce qu’elle possède déjà, écrire une routine de dix minutes, et dire quels produits elle peut laisser de côté. Le métier se paie sur cette séance écrite. Les soins du visage, l’épilation, le maquillage professionnel relèvent d’autres cadres : le CAP esthétique pour beaucoup d’actes, parfois un CQP pour les ongles ou les cils.
Sommaire
Titres protégés, allégations, assurance
Le titre de psychologue est protégé par la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 : licence et master mention psychologie, stage professionnel, puis enregistrement. Depuis le 3 juin 2024, le numéro se lit au RPPS (répertoire partagé des professionnels de santé), consultable sur annuaire.sante.fr ; il remplace l’ancien ADELI pour cette profession. Le titre de psychothérapeute est encadré depuis le décret du 20 mai 2010, avec inscription auprès de l’ARS. Porter l’un de ces titres sans y avoir droit est un délit (article 433-17 du code pénal : un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende). Le mot « coach » reste d’un usage libre. L’activité s’arrête au conseil. Vous n’établissez aucun diagnostic, vous ne soignez pas, vous ne promettez de guérir ni une peau, ni un poids, ni une anxiété. Les phrases sur un cosmétique restent soumises au règlement (CE) n° 1223/2009 : « ça soigne l’acné » engage autant dans un salon que sur une fiche. Micro-entreprise (BNC en pratique pour du conseil), RC pro qui nomme le coaching, CGV, médiateur de la consommation, registre des données (vous entendez de l’intime : conservez peu, ne revendez rien).
Une offre bornée
Un forfait tenable tient en une séance d’une heure, un inventaire du placard (photo avec accord), trois gestes écrits et une relance à 21 jours. Dites le tarif avant la séance. Les réseaux de vente à domicile vendent des flacons ; vous vendez du temps d’écoute. Si la personne décrit une détresse, un deuil, des idées noires, orientez vers un psychologue ou un médecin, notez le numéro, et restez dans votre contrat. Une formation « certification coach » d’un organisme privé n’ouvre aucun de ces titres protégés.
Planning de lancement de votre activité
Cinq jours pour ouvrir l’activité. Posez d’abord le cadre (droit, statut, assurance), puis l’offre écrite, puis un vrai contact. Si un jour déborde, reculez le suivant.
Jour 1
Rédigez un forfait d’une page : entretien d’une heure, inventaire du placard (photo avec accord), trois gestes écrits, relance à 21 jours, tarif. Écrivez aussi que vous n’établissez aucun diagnostic, que vous ne soignez pas et que vous n’avancez aucune allégation médicale. C’est le papier que l’assureur relira.
Jour 2
Le statut adapté au départ est la micro-entreprise : guichet unique INPI, infos sur service-public.fr. Souscrivez une RC pro qui nomme le coaching bien-être. Ajoutez CGV, médiateur de la consommation, et un registre des données (peu, chiffré, sans revente).
Jour 3
Une séance d’observation payée chez une voisine ou une cliente test, chronométrée. Vous verrez le temps réel du tri et des silences ; un PDF de formation ne le montre pas.
Jour 4
Une page sobre (Google ou site) : tarif, zone, ce que vous faites. Relisez pour retirer toute phrase sur le poids, l’âge, une maladie ou un « potentiel à révéler ». Ces phrases engagent.
Jour 5
Deux séances facturées. Si la personne décrit une détresse, orientez vers un psychologue (annuaire.sante.fr) ou un médecin, et restez dans votre forfait.

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